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ET QUI EST MON PROCHAIN ?
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Le commandement d’aimer son prochain apparaît à plusieurs reprises dans
l’Ancien Testament et 8 fois dans le Nouveau Testament, et en
particulier :
Dans Proverbes
14/21 : "Celui qui méprise son
prochain commet un péché, Mais heureux celui qui a pitié des misérables !"
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Dans Lévitique
19/18 : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même". |
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Dans Matthieu 22/37-40 :
"Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton
cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C'est le premier et le
plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est
semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux
commandements dépendent toute la loi et les prophètes".
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Dans Marc
12 /33 : "Aimer son prochain comme soi-même, c'est plus que tous
les holocaustes et tous les sacrifices". |
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Dans Romains 13/9-10 :
"En
effet, les commandements: Tu ne commettras point d'adultère, tu ne
tueras point, tu ne déroberas point, tu ne convoiteras point, et ceux
qu'il peut encore y avoir, se résument dans cette parole: Tu aimeras ton
prochain comme toi-même". |
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L'amour ne fait point
de mal au prochain: l'amour est donc l'accomplissement de la loi.
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Si le commandement
d’aimer est clair, en revanche, la question de l’identité de ce prochain
est peu abordée ; quel est ce prochain que je dois aimer ? Qui est mon
prochain ? Mais aussi comment aimer mon prochain ? |
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Les disciples, le
peuple, ne posent pas la question, sans doute parce que l’exemplarité de
l’amour inconditionnel de Jésus envers tous, sans aucune exclusive, même
les plus réprouvés, est suffisamment éloquente en elle-même. |
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Telle n’est pas la
position adoptée par les docteurs de la loi, les rabbins, qui, veulent
"éprouver Jésus", nous dit la Bible en Luc 10/25-29. |
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Mais la question
n’est pas posée directement : parce qu’il s’agit de mettre ce prophète
en difficulté, un de ces docteurs de la loi va aborder un problème de
fond : Que faire pour hériter la vie éternelle ? |
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Jésus sait
parfaitement à qui il s’adresse et pourquoi cette interrogation est
formulée de cette façon ; c’est pourquoi Il renvoie le docteur de la loi
à ce qu’il est censé connaître le mieux, c’est-à-dire la loi, et
l’oblige à citer publiquement ses commandements en Luc 10/27 :
"Il répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur,
de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée ; et ton
prochain comme toi-même." |
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La réponse de Jésus à
celui qui voulait lui faire subir un test le fait apparaître dans toute
Sa grandeur d’envoyé de Dieu : non seulement c’est Lui qui apprécie la
réponse ("Tu as bien répondu"), mais surtout, ce qui est
inimaginable, Il promet la vie au Docteur de la Loi : "Fais cela et
tu vivras". |
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Il est tout à fait
certain que l’expression de cette "force tranquille" ne pouvait que
déplaire au rabbin qui ne s’avoue pas vaincu et cherche une riposte qui
prend la forme d’une nouvelle question : "Et qui est mon prochain ?",
qui nous amène à la parabole du bon Samaritain en Luc 10/30-37, qu’il
est important de lire intégralement : |
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"Jésus reprit la parole, et dit : Un
homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des
brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s'en
allèrent, le laissant à demi mort.
Un sacrificateur, qui par hasard
descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre.
Un Lévite, qui arriva aussi dans ce
lieu, l'ayant vu, passa outre. Mais un Samaritain, qui voyageait,
étant venu là, fut ému de compassion lorsqu'il le vit.
Il s'approcha, et banda ses plaies,
en y versant de l'huile et du vin; puis il le mit sur sa propre monture,
le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui.
Le lendemain, il tira deux deniers,
les donna à l'hôte, et dit : Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de
plus, je te le rendrai à mon retour.
Lequel de ces trois te semble avoir
été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands?
C'est celui qui a exercé la
miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi. Et Jésus lui dit :
Va, et toi, fais de même."
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Que dit cette parabole ? Quels en sont
les acteurs et les évènements ? |
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Quand on relit plusieurs fois ce
passage, on est frappé par le fait que ces scènes auraient pu se
dérouler ailleurs et en d’autres temps, y compris de nos jours. |
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On pense à un fait divers presque banal,
dont les agences de presse auraient pu faire une dépêche, que la presse
aurait reprise sous forme d’articles divers, selon les courants de
pensée et les convictions ; on peut ainsi imaginer quelques exemples de
titres pour ces articles : |
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"La
Palestine a peur" |
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"Un blessé
sauvé par un travailleur immigré" |
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* |
"Quand la fraternité
triomphe de la violence" |
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"Le miraculé
de la route de Jéricho" |
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Je vous laisse le
soin d’imaginer les titres de ces journaux évidemment fictifs…. |
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Et pourtant dans
cette parabole, l’ordinaire côtoie l’extraordinaire :
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C’est un homme
ordinaire qui voyage dans ce secteur de Judée ; on ne connait pas plus
ses origines que sa confession ou son mode de vie ; et c’est
précisément cet anonymat qui fait tout le prix de la compassion du
Samaritain. |
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Ce sont des
voyous ordinaires qui attaquent cet homme seul pour le voler et le
battre à mort. |
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C’est
l’indifférence ordinaire, la peur ordinaire, qui dictent leur conduite
à 2 témoins qui découvrent ce blessé, agonisant sur la route. |
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Mais quelle attitude
extraordinaire (dans le mauvais sens du terme évidemment) de ces
hommes, tous deux serviteurs de Dieu, un prêtre et un Lévite, en qui
l’Eternel a placé Sa confiance ; en effet en Nombres 3, l’Eternel
dit à Moïse, à propos des Lévites : "Ils feront le service du
tabernacle", et plus loin "Les Lévites m’appartiendront" ;
on imagine la souffrance insupportable de l’Eternel face à cette
trahison, à ce délit flagrant de non-assistance à personne en danger. |
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Face à cette attitude
de la barbarie ordinaire, c’est un Samaritain ordinaire qui va se
révéler extraordinaire ; ce voyageur étranger à la Judée va
immédiatement porter secours à ce frère dont il ne sait rien, dont il ne
veut rien savoir, simplement parce qu’il est "ému de compassion",
c’est-à-dire étymologiquement, qu’il souffre avec lui et pour lui ; il a
vu, il agit, il soigne, il sauve une vie. Il aurait pu se contenter de
cela ; mais non, sa solidarité doit aller plus loin ; hors de question
pour lui d’abandonner cet inconnu blessé ; désormais leurs destinées
sont liées. Alors, il l’installe sur sa monture, et continue sans doute
à pied jusqu’à cet hôtel où le malade pourra se reposer ; une nouvelle
fois, la parabole aurait pu se terminer de cette façon ; mais non, le
Samaritain a décidé non seulement de sauver, mais aussi de soigner et de
guérir ce frère que le Seigneur a placé sur sa route ; alors il paie
l’hôtelier pour l’hébergement et les soins et annonce que les frais
supplémentaires seront réglés par lui quand il reviendra ; encore une
fois celui qui donne ne peut abandonner… Il reviendra. |
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Extraordinaire, la victoire de Jésus qui dicte sa conduite à un docteur
de la loi : "va et toi fais de même". |
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Oui, cette parabole
parle aussi à nos propres consciences et mémoires : |
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Qui ne se souvient de
ces jeunes filles agressées dans le train de banlieue ou le métro dans
un wagon plein de voyageurs sans que personne n’ose intervenir ; et nous
qu’aurions nous fait ? Que ferions-nous encore ? Prions pour
qu’aujourd’hui, le Seigneur nous donne la force et le courage de nous
lever pour nous adresser au tortionnaire en lui disant : "Au nom de
Jésus, je t’ordonne de laisser cette femme"…
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Qui n’a en mémoire,
le récit de cette personne âgée retrouvée morte à son domicile après
plusieurs semaines sans aucune visite. Et nous, prenons nous des
nouvelles des aînés qui vivent dans notre immeuble ou habitent notre
rue ? Prions pour que nous soyons nous aussi "émus de compassion" face
à la solitude, à l’isolement.
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Qui ne côtoie chaque
jour dans les transports ou en ville ces S.D.F., qu’on n’appelle plus
clochards, devant qui chacun passe en détournant le regard face à la
saleté, à l’hébétude, à l’ivrognerie. Prions pour que nous prenions le
temps, non seulement de donner un euro mais surtout une minute pour
tendre la main, prononcer une parole de réconfort et croiser ces regards
en y voyant celui du Christ… |
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Enfin la force de
cette parabole réside aussi dans ses symboles : |
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On l’a vu, le
sacrificateur et le Lévite, après avoir vu le blessé "passent outre" ;
Jésus ne choisit pas ses personnages au hasard, surtout pour s’adresser
à un docteur de la loi ; il ne laisse pas non plus entendre que tous les
sacrificateurs et tous les Lévites auraient eu le même comportement ;
une fois encore il n’est pas venu pour abolir la loi mais la faire
respecter, notamment dans ses principaux commandements ; clairement il
indique sa préférence pour cet étranger qui peut être ne connaît pas les
textes de la religion, mais spontanément met en œuvre et en actes ce
commandement d’amour de son prochain ; il ne condamne pas ce rabbin qui
lui fait face, mais lui montre le chemin de son salut… |
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L’huile et le
vin sont bien sûr utilisés à cette époque pour désinfecter et cicatriser
les plaies ; mais on y voit aussi cette symbolique forte de l’onction et
de la vie sauvée par le sang du Christ. |
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Les 2 deniers
d’argent correspondent à 2 journées de travail ; ce sont peut-être les
dernières pièces du Samaritain, comme sa force offerte, une offrande
donnée à ce frère en Christ, et donc au Christ lui-même. |
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"Ce que tu
dépenseras, je te le rendrai à mon retour" ; c’est une phrase
extrêmement forte qui annonce le retour du Christ et aussi Ses
bénédictions pour ceux qui auront appliqué Ses commandements. |
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Pour conclure, voilà
quelque citations, quelque pistes pour prolonger notre réflexion commune
sur ce thème de "Qui est mon prochain" : |
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"Si je t’écoute, Jésus, qui sera mon prochain, |
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Qui sera mon ami ? |
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Pas seulement celui
qui me ressemble, |
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Pas seulement celui
qui me plait, |
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Mais aussi celui que
je rencontre par hasard sur ma route, celui qui me fait perdre du temps,
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Et de l’argent, |
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Celui que tout le
monde évite".
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Extrait de "Parlez-nous
de Jésus", Ed. Tardy |
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"Et qui est le prochain ?
N'importe qui : cet homme qui passe et
dont la figure ne me plaît guère, cet inconnu ou celui-là que je connais
trop, voire l’ennemi même que j’ai envie de frapper au visage et qu’il
m’est enjoint d’embrasser." |
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Daniel-Rops, Extrait de
"Jésus
en son temps". |
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"Il faut pour les humains d’autres humains, des gens qui
s’approchent, s’interrompent et tentent de conjurer le malheur. Ils le
font avec ce qu’ils ont sous la main. L’homme venant de Samarie avait
exactement ce qu’il fallait (…). Le mouvement de l’homme vers un autre
homme peut parfois n’être que bonté sans calcul(…). Qui est qui ?
d’aucuns voient dans cet homme à demi-mort le Christ blessé et
abandonné. Qui sait ? ils se confondent parfois. J’étais malade et vous
êtes venu me voir… Qui est celui que j’ai rencontré ?" |
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Sœur Myriam,
Extrait de "Continuer l’Evangile", Réforme Ed. Olivetan, Lyon, 2008 |
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Olivier Godchau - Melun -
Etudiant de 1ère année |
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